Instants
Une seule seconde, et le temps d'un baiser,
Et même pas l'espoir de le laisser durer,
À peine pourrai-je passer à fleur de peau,
Faire glisser mes doigts sans pouvoir dire un mot,
Épouser tes courbes, caresser ton visage,
Puis le voir disparaître, s'effacer, un mirage.
Un instant juste un seul instant,
Je me moque de l'éternité,
Juste un moment à tes côtés,
Une seconde ou bien trois ans.
Un peu de toi que tu me donnes
Pour un simple Nous éphémère
Un Nous le temps d'une lumière,
Et qui l'éternité, rayonne.
Oui trois longues années ? Presque toute une vie,
Assez de quoi construire un bout de paradis,
Trois années côte à côte, trois années pour connaître
Pour étudier nos corps, voir chaque centimètre.
Apprendre la patience et le temps d'apprécier
Avant d'être pressés, avant de consommer.
S'il me fallait choisir le temps,
Combien donc est-ce que je voudrais ?
Juste une minute ou des années
Rien qu'un baiser ou un roman ?
Une journée pleine à craquer,
Ou alors construire l'amour ?
L'immortaliser en un jour,
Ou des mois de tranquillité ?
Un long mois tout entier, j'ai peine à l'espérer,
Mais le meilleur de moi, je m'y consacrerai,
Pour que dès le premier, et jusqu'au tout dernier,
Toujours tu en demandes, chaque jour écoulé,
Face à l'éternité, que dans ton souvenir
Ces jours restent gravés, puisse-t-elle en pâlir.
Tant de temps et si peu d'instant,
Oh mais que ne ferais-je pas,
Pour juste l'un d'eux dans tes bras ?
Des nuits entières nous enlaçant,
Ou juste une nous consommant,
Trois minutes où bien quelques heures,
Un concentré de pur bonheur,
De quoi t'aimer tout simplement.
Quelques heures durant et nos corps s'enlacent,
Sans répit, sans arrêt, aucun ange ne passe,
Préparés, échauffés, nos corps, un marathon.
Pas le moindre repos, car oh oui nous tiendrons,
Nous nous rappellerons, qu'en un temps défini,
L'amour en nos mémoires, peut paraître infini.
L'éternité m'insupporte,
Car aussi fort nous aimons-nous,
Car aussi fort nous battons-nous,
La lassitude l'emporte.
Si le bonheur est éphémère,
Qu'en un temps de sensualité,
Nous en gravions l'intensité,
Comme un fossile dans la Terre.
Trois courtes semaines, pourquoi pas un voyage,
Juste deux inconnus, et pas d'autres bagages
Que l'intense désir d'une grande aventure.
Déjà plus le passé, pas encore le futur,
Une douce envolée, une lente échappée,
Aguichante coupure, havre de volupté.
Pour choisir dans le temps qui passe,
Quelques heures d'intense amour
Trois semaines, jours après jour
Choisir comment laisser ma trace,
L'adéquate durée du plaisir,
Combien ton coeur supporterait ?
Combien, oui, pour le renverser ?
M'imprégner dans ton souvenir.
Une semaine entière, sept jours six courtes nuits,
Le temps de partager un peu de notre vie,
Qu'en ce temps imparti, l'un de l'autre apprenions,
Si Dieu en fit le monde, bien plus nous en ferions,
Sans faire la grave erreur lors de ce dernier jour,
De nous reposer, non ! Remplissons-le d'amour.
Un instant oui juste un instant,
Serais-tu prête à m'accorder,
Une seconde ou des années,
Que je puisse être ton amant.
Pour des nuits et des nuits d'amours,
Ou rien de plus qu'un seul baiser,
Une fois nos corps enlacés.
Ou tendresse jour après jour.
Une longue journée, du lever au coucher,
Et faire que le Soleil nous puisse en témoigner
Je te prendrai de force, t'emmènerai bien loin,
Te priverai d'amour, pour que tu en aies faim,
Et puis t'en gaverai, jusqu'à ce qu'épuisée,
Tu avoues dans mes bras "que ça puisse durer !"
Fadaise que l'amour éternel,
Que vaut l'amour sans la passion ?
Qu'en un jour nous les confinions,
Qu'ils en deviennent intemporels.
Fadaise que l'amour éternel,
Cette utopie n'existe pas,
Alors oublie, viens avec moi,
Emmanuelle mon Emmanuelle.
Warly